Chaque automne, c’est la même histoire. Les premières soirées fraîches arrivent et révèlent soudain la fenêtre qui laisse passer l’air, la gouttière pleine de feuilles ou le radiateur qui chauffe à moitié.
À ce moment-là, certaines interventions deviennent plus urgentes… et beaucoup moins agréables.
Je préfère donc profiter de septembre et octobre pour faire un vrai tour de la maison avant l’hiver. Pas question de lancer 15 chantiers.
Je vérifie les points qui peuvent réellement poser problème avec le froid, la pluie et le gel. Découvrez ma checklist, pièce par pièce et jusque dans le jardin.
🧠 L’essentiel à retenir
👉 Je commence par le toit, les gouttières et les évacuations d’eau : une petite anomalie peut devenir une infiltration après plusieurs semaines de pluie.
👉 Je teste le chauffage avant d’en avoir réellement besoin, pas au premier matin à 5 °C.
👉 L’automne est le bon moment pour traquer les entrées d’air et vérifier la ventilation.
👉 Dehors, je protège surtout ce qui craint le gel : arrivées d’eau, équipements et végétaux fragiles.
🏠 Ma checklist maison avant l’hiver
Cochez les tâches au fur et à mesure. Votre progression est conservée sur cet appareil.
Toiture et gouttières : je commence toujours par lever les yeux
L’automne met l’enveloppe de la maison à rude épreuve. Pluie, vent et feuilles mortes révèlent vite les défauts passés inaperçus pendant l’été.
Observer la toiture depuis le sol
Je cherche une tuile déplacée, cassée ou absente, une rive endommagée et toute différence inhabituelle sur la couverture.
Inutile de monter soi-même sur un toit simplement pour l’inspecter. Depuis le sol, des jumelles ou le zoom d’un téléphone permettent déjà de repérer certains problèmes.
Après un épisode venteux important, je refais un contrôle rapide.
Nettoyer les gouttières
C’est probablement l’une des tâches d’automne les moins passionnantes. C’est aussi l’une des plus utiles.
Les feuilles et brindilles peuvent ralentir l’écoulement de l’eau et obstruer les descentes. Je vérifie donc :
- l’intérieur des gouttières ;
- les naissances de descentes ;
- les crapaudines éventuelles ;
- les raccords ;
- l’écoulement en sortie.
Une gouttière qui déborde régulièrement finit par arroser une façade qui n’en demandait pas tant.
Contrôler les traces d’humidité sous les combles
S’il est possible d’accéder aux combles, j’y fais un passage avant l’hiver.
Je regarde la sous-face de la toiture, les bois de charpente et l’isolant. Une auréole, une zone humide ou une odeur inhabituelle mérite d’être examinée.
L’intérêt de cette vérification tient surtout à sa précocité : une infiltration repérée maintenant évite parfois de découvrir le problème après plusieurs mois de pluie.
Examiner les évacuations autour de la maison
Je vérifie que l’eau ne stagne pas au pied des façades et que les regards accessibles ne sont pas remplis de feuilles ou de terre.
Une pluie soutenue constitue d’ailleurs un excellent test grandeur nature. Je profite parfois d’une averse pour observer où l’eau circule réellement.
Chauffage : je le teste avant le premier coup de froid
Attendre novembre pour découvrir qu’un radiateur ne chauffe plus correctement me semble être une très mauvaise stratégie.
Remettre le chauffage en route quelques semaines avant l’hiver
Je lance le système suffisamment tôt pour vérifier son fonctionnement.
Les radiateurs chauffent-ils normalement ? La chaudière ou la pompe à chaleur démarre-t-elle sans anomalie ? Le thermostat déclenche-t-il correctement ?
Ce test précoce laisse surtout le temps de faire intervenir un professionnel si nécessaire.
Purger les radiateurs si nécessaire
Un radiateur chaud en bas mais froid dans sa partie supérieure peut contenir de l’air.
Une purge peut alors améliorer son fonctionnement. Je vérifie ensuite la pression du circuit lorsque l’installation le nécessite, en suivant les indications du fabricant.
Dégager les radiateurs
Un canapé collé contre un radiateur n’aide pas vraiment à diffuser la chaleur.
Avant l’hiver, je libère autant que possible l’espace autour des émetteurs. J’évite également les rideaux épais qui les recouvrent entièrement.
C’est une petite correction, mais elle ne coûte rien.
Vérifier l’entretien des équipements
Chaudière, appareil de chauffage au bois, conduit de fumée : je contrôle les échéances d’entretien applicables à mon installation.
Pour les chaudières concernées, un entretien annuel est obligatoire. Les appareils de chauffage et conduits ont également leurs propres exigences d’entretien et de ramonage.
Je ne repousse pas ce point au cœur de l’hiver, lorsque les chauffagistes sont déjà très sollicités.
L’automne est aussi le bon moment pour remettre en état un appareil vieillissant avant sa remise en service quotidienne.
Si vous avez d’anciens émetteurs, j’ai notamment détaillé comment peindre un radiateur en fonte sans compromettre la tenue du revêtement à la chaleur.
Fenêtres et portes : je traque les courants d’air
Une maison peut être correctement chauffée et rester inconfortable à cause de petites entrées d’air parasites.
Contrôler les joints des fenêtres
Je passe en revue les joints visibles :
- sont-ils décollés ?
- écrasés ?
- fissurés ?
- manquants par endroits ?
Je regarde aussi si la fenêtre ferme correctement.
Un joint dégradé se remplace beaucoup plus facilement qu’une fenêtre entière. Je commence donc toujours par éliminer les causes simples avant d’imaginer de gros travaux.
Si le problème semble plus général, je conseille de déterminer s’il vaut mieux rénover les fenêtres ou améliorer l’isolation

Vérifier le bas des portes donnant sur l’extérieur
Même principe.
Si un jour important apparaît sous une porte, je cherche d’abord son origine : réglage, joint périphérique, seuil ou défaut plus important.
Le but n’est pas de rendre la maison hermétique. Les entrées d’air prévues pour la ventilation doivent rester libres.
Tester les volets
Je préfère découvrir en octobre qu’un volet roulant bloque à mi-course plutôt qu’un soir de janvier.
Je teste donc les volets, leurs attaches et les systèmes de fermeture. Pour les volets battants, j’observe également l’état des gonds et des arrêts.
Ventilation : surtout, je ne bouche pas tout
Quand les températures baissent, un réflexe revient régulièrement : supprimer toutes les arrivées d’air pour « garder la chaleur ».
Je déconseille cette fausse bonne idée.
Nettoyer les entrées d’air
Je dépoussière les grilles présentes notamment au-dessus de certaines fenêtres.
Elles font partie du renouvellement d’air du logement. Les condamner peut favoriser l’humidité et dégrader la qualité de l’air intérieur.
Nettoyer les bouches de ventilation
Cuisine, salle de bains, WC : je retire la poussière accumulée sur les bouches accessibles, sans modifier leurs réglages lorsqu’elles sont conçues pour fonctionner d’une manière précise.
Vérifier que la VMC fonctionne
Un test simple permet déjà de détecter une absence manifeste d’aspiration au niveau d’une bouche.
Si le système semble ne plus fonctionner, produit un bruit anormal ou présente un autre défaut, je cherche la cause plutôt que de laisser traîner jusqu’à l’apparition de condensation.
🏠 Mon principe en automne
Je distingue toujours les fuites d’air parasites des entrées d’air nécessaires à la ventilation. Je cherche à supprimer les premières, jamais à condamner les secondes.
Humidité : je surveille les premiers signaux
L’automne marque souvent le retour des fenêtres couvertes de condensation au réveil.
Un épisode ponctuel n’indique pas forcément un problème grave. Sa répétition mérite davantage d’attention.
Observer les fenêtres le matin
Je surveille surtout :
- la condensation abondante ;
- l’eau qui ruisselle ;
- les joints qui noircissent ;
- les angles de murs humides.
Si le phénomène revient fréquemment, je vérifie la ventilation, le chauffage et les habitudes qui génèrent beaucoup de vapeur d’eau.
Examiner les pièces peu chauffées
Buanderie, chambre d’amis, garage attenant ou cellier passent facilement sous le radar.
Je cherche des odeurs de renfermé, des traces sombres et des zones froides ou humides.
Éloigner les meubles des murs problématiques
Si une grande armoire est plaquée contre une paroi froide, l’air circule mal derrière.
En présence d’un problème récurrent de condensation, quelques centimètres peuvent aider à améliorer la circulation de l’air. Cela ne remplace évidemment pas le traitement d’une infiltration ou d’un défaut du bâtiment.
Extérieur : je prépare surtout la maison au gel
Je ne cherche pas à transformer octobre en marathon de bricolage. À l’extérieur, je me concentre sur ce que le gel peut réellement endommager.
Protéger les robinets extérieurs
Je ferme l’alimentation lorsque l’installation le permet, purge l’eau restante et protège les éléments exposés si nécessaire.
Un tuyau rempli d’eau est beaucoup moins intéressant lorsqu’il gèle.
Ranger les tuyaux d’arrosage
Je les vide avant de les ranger.
Même chose pour les accessoires d’arrosage sensibles au froid. Dix minutes maintenant évitent de retrouver un raccord fissuré au printemps.
Vérifier les regards et caniveaux
Je retire feuilles, terre et débris qui pourraient empêcher l’évacuation de l’eau.
Je prête une attention particulière aux caniveaux situés devant une porte de garage ou une entrée en contrebas.
Inspecter terrasse et allées
Une dalle descellée, une fissure importante ou une zone où l’eau s’accumule mérite d’être repérée avant les périodes de gel.
Je ne répare pas forcément tout immédiatement. En revanche, je préfère savoir où sont les points faibles avant l’hiver.
Jardin : je protège, mais je ne nettoie pas tout
C’est probablement ici que ma checklist s’éloigne le plus du grand ménage traditionnel.
Un jardin n’a pas besoin d’être impeccable pour passer l’hiver.
Identifier les plantes réellement sensibles au froid
Je ne protège pas automatiquement tout le jardin dès la première nuit fraîche.
Je repère les plantes fragiles et adapte la protection à leur rusticité ainsi qu’aux températures locales. Pots à déplacer, paillage ou voile d’hivernage peuvent suffire selon les cas.
Et je ne taillerais pas systématiquement tous les végétaux sous prétexte que l’automne est arrivé. Les périodes dépendent des espèces : une plante peut demander une taille après floraison et une seconde intervention en hiver, comme je l’explique par exemple dans mon guide pour tailler une glycine au bon moment
Rentrer ce qui ne supportera pas l’hiver
Je mets à l’abri les objets et équipements qui vieillissent mal dehors :
- coussins ;
- certains meubles ;
- outils ;
- petits équipements électriques ;
- accessoires sensibles au gel.
Je profite du rangement pour les laisser sécher avant stockage.
Ramasser les feuilles là où elles posent problème
Je retire les feuilles qui bouchent un passage, recouvrent durablement une terrasse ou obstruent une évacuation.
Dans le jardin, je suis moins radicale.
Certaines feuilles peuvent être valorisées au compost, utilisées en paillage ou laissées dans des zones où elles participent à la vie du sol et offrent des abris à la petite faune.
Le jardin d’automne n’a pas besoin de ressembler à un salon fraîchement aspiré.
Faire un dernier tour avant les premières gelées
C’est ma vérification finale.
Je range ce qui traîne, contrôle les points d’eau, observe les protections mises en place et cherche ce que j’ai oublié.
Cela prend rarement plus de quinze minutes.
Et c’est généralement à ce moment-là que je retrouve le raccord d’arrosage oublié derrière un pot.
Vous n’avez aucune envie de consacrer votre samedi à préparer la maison pour l’hiver ? Je vous comprends.
Dans ce cas, je réduirais la liste à 8 vérifications prioritaires :
- ☐ regarder l’état apparent de la toiture ;
- ☐ contrôler les gouttières et descentes ;
- ☐ tester le chauffage ;
- ☐ vérifier les joints des fenêtres ;
- ☐ nettoyer les entrées d’air et bouches accessibles ;
- ☐ rechercher les premières traces d’humidité ;
- ☐ sécuriser les robinets et équipements extérieurs exposés au gel ;
- ☐ dégager les évacuations d’eau autour de la maison.
Le reste peut être réparti sur plusieurs week-ends.
Ce que je ne ferais pas absolument avant l’hiver
Une checklist devient vite contre-productive lorsqu’elle transforme chaque petite anomalie en chantier urgent.
Je ne remplacerais pas toutes mes fenêtres simplement parce que l’une d’elles présente un courant d’air avant d’avoir vérifié ses joints et son réglage.
Je ne referais pas non plus toute l’isolation parce qu’une pièce semble plus froide. Une maison mérite un diagnostic global avant d’engager plusieurs milliers d’euros de travaux.
Et je ne taillerais pas systématiquement tous les végétaux sous prétexte que l’automne est arrivé. Les périodes et méthodes de taille dépendent des espèces.
Enfin, je ne monterais pas sur une toiture humide pour économiser le prix d’une intervention professionnelle.
Une bonne checklist d’automne ne consiste pas à tout faire. Elle sert à détecter tôt ce qui risque de devenir plus compliqué en hiver.
Mon rituel : un tour dehors, un tour dedans
J’aime bien terminer la saison avec une méthode très simple.
Je fais d’abord le tour complet de la maison par l’extérieur. Je regarde le toit, les gouttières, les façades, les évacuations, les menuiseries et les équipements exposés.
Puis je recommence depuis l’intérieur : combles, chauffage, fenêtres, ventilation et pièces humides.
Pas besoin d’être experte en bâtiment. L’objectif consiste surtout à remarquer ce qui a changé depuis l’année précédente.
Une nouvelle trace d’humidité, une tuile déplacée ou un radiateur qui fonctionne mal mérite davantage mon attention qu’une interminable liste de travaux théoriques.
C’est finalement ma règle pour préparer la maison à l’automne : je répare les petits problèmes avant que l’hiver ait l’occasion de les agrandir.