Ils surgissent par milliers au crépuscule, dessinent des nuages vivants dans le ciel. Puis, presque en un claquement de doigts, ils disparaissent presque du jour au lendemain.
Alors quand partent les étourneaux exactement ? Derrière ce spectacle fascinant se cache une mécanique naturelle bien plus précise qu’on ne l’imagine.
Températures, nourriture, durée du jour : rien n’est laissé au hasard. En lisant cet article, vous allez comprendre les vraies périodes de départ et de retour, savoir pourquoi certains restent toute l’année et apprendre où observer ces migrations sans les déranger.
De quoi enfin percer le mystère de leurs ballets aériens.
🧠 L’essentiel à retenir :
👉 Le grand départ des étourneaux débute dès septembre et atteint son pic entre octobre et la mi-novembre, selon la météo et la baisse des températures.
👉 La migration s’explique principalement par deux facteurs mesurables : le froid durable (souvent sous 5 °C) et la raréfaction de la nourriture liée au gel.
👉 Tous les étourneaux ne migrent pas, car l’espèce est partiellement sédentaire, notamment dans le sud de l’Europe et les zones urbaines.
👉 Savoir quand partent les étourneaux permet d’anticiper leur observation, de comprendre leurs comportements et de limiter les nuisances en ville.
À quelle période de l’année les étourneaux partent-ils ?
Le grand départ d’automne : un calendrier précis
Vous vous demandez sûrement quand partent les étourneaux vers le sud ? Eh bien, la migration automnale s’amorce généralement dès le mois de septembre pour les premiers groupes. C’est le début du mouvement vers des cieux plus cléments.
Cependant, le véritable pic de migration se situe entre octobre et la mi-novembre.
C’est durant cette fenêtre précise que les plus grands groupes sont en mouvement dans le ciel. Gardez en tête que ce n’est pas une date fixe, mais une période d’activité intense.
Notez enfin que la météo de l’année peut légèrement décaler ce calendrier. Un automne particulièrement doux peut retarder le départ.
Et le retour ? Le rendez-vous du printemps
Ces oiseaux ne restent pas indéfiniment dans leurs quartiers d’hiver ensoleillés. Le retour s’amorce dès le début du printemps, dicté par l’instinct de survie.
Concrètement, la période de retour se situe généralement entre mars et avril. Ils reviennent alors massivement vers leurs lieux de reproduction pour la saison des amours.
Ce retour coïncide mécaniquement avec l’allongement des jours et le redoux progressif des températures.
Tous les étourneaux ne font pas leurs valises
A présent, mettons le doigt sur une nuance que beaucoup ignorent : l’étourneau est un oiseau migrateur partiel. Cela signifie simplement que toutes les populations ne migrent pas systématiquement chaque année.
En effet, de nombreux individus sont sédentaires, notamment ceux vivant dans le sud et de l’ouest de l’Europe.
Vous les verrez rester sur place en Espagne, en Italie ou dans certaines régions de France. C’est aussi le cas des étourneaux vivant en milieu urbain.
Pourquoi partir ? La nourriture reste accessible toute l’année dans ces zones plus clémentes ou urbanisées.
Pourquoi les étourneaux partent-ils : facteurs influençant leur départ
Maintenant que vous savez quand partent les étourneaux et quand ils reviennent, vous vous demandez sûrement ce qui les pousse à entreprendre un tel voyage. Ce n’est pas juste une envie de vacances.
Baisse des températures et manque de nourriture
Pour savoir exactement quand partent les étourneaux, fiez-vous à leur instinct de survie. Le froid et la faim agissent comme des signaux d’alarme immédiats pour le groupe. C’est une question de vie ou de mort.
Ces oiseaux réagissent directement aux changements de leur environnement immédiat. Quand les conditions se dégradent, ils savent qu’il est temps de bouger.
Le gel bloque l’accès à leur garde-manger habituel. Sans insectes, ils doivent fuir vers le sud. C’est une logique implacable.
En résumé, ce qui déclenche leurs migrations :
- La baisse des températures : le départ est souvent déclenché lorsque le froid s’installe durablement, notamment sous les 5°C.
- La raréfaction de la nourriture : quand le sol gèle, les insectes et les vers deviennent inaccessibles, les forçant à chercher ailleurs.
L’horloge biologique interne : le rôle de la lumière
Vous ignorez peut-être ce détail technique sur la photopériode. La diminution de la durée du jour en automne envoie un signal biologique puissant. Les oiseaux perçoivent ce changement bien mieux que nous. C’est leur calendrier naturel.
Ce changement de lumière active des mécanismes hormonaux complexes. Leur corps se prépare physiologiquement à l’effort intense du long voyage. Ils deviennent alors physiquement prêts à partir.
Le changement climatique, ce grand perturbateur
Le réchauffement climatique brouille malheureusement les pistes établies. Les schémas migratoires ne sont plus aussi fixes qu’avant. Tout le système se dérègle un peu plus chaque année.
Des automnes plus doux peuvent désormais retarder le départ de plusieurs semaines. Les étourneaux profitent de ces températures clémentes pour rester plus longtemps. Les données actuelles n’ont plus rien à voir avec celles d’il y a trente ans.
Ce phénomène favorise aussi la sédentarisation de certaines populations. Elles trouvent désormais des conditions acceptables pour passer l’hiver sur place sans migrer.
Destinations et trajets migratoires des étourneaux
Vous venez de le voir, les étourneaux partent à cause du froid et du manque de nourriture. Mais pour aller où exactement ? Leurs destinations sont plutôt bien choisies.
Cap au sud : les quartiers d’hiver préférés
Une fois qu’on sait quand partent les étourneaux, on comprend qu’ils se dirigent vers des régions plus chaudes pour passer l’hiver.
Vous voulez savoir où ils posent leurs valises ? Place à leurs destinations favorites pour éviter le gel :
- Le Sud de la France, avec des régions douces comme le Languedoc et la Provence.
- L’Espagne et l’Italie, des destinations classiques pour de nombreux migrateurs.
- L’Afrique du Nord (le Maghreb), pour les plus grands voyageurs.

Ceux qui viennent de loin : les voyageurs du Nord
Méfiez-vous des apparences : les immenses groupes que l’on voit traverser la France ne sont pas toujours « nos » étourneaux. Il s’agit en grande partie des populations venant du Nord et de l’Est de l’Europe.
Ils arrivent souvent de Suède, Pologne, Pays-Bas, etc. Pour eux, la France est une étape ou une destination finale pour l’hiver.
D’ailleurs, d’après la LPO, la Ligue pour la protection des oiseaux (voir les sources en fin d’article), les populations d’étourneaux sansonnet du Sud et de l’Ouest sont plutôt résidentes.
L’Afrique du Nord, une destination confirmée par la science
La migration vers l’Afrique du Nord n’est pas une supposition. Des études scientifiques le prouvent, comme le suivi de l’Étourneau sansonnet (Sturnus vulgaris).
Prenons l’exemple de la Tunisie. Des recherches récentes confirment leur présence en hiver. D’ailleurs, une thèse de doctorat de 2023 – voir les sources – a documenté la présence de ces oiseaux en Tunisie durant les mois d’hiver, ce qui prouve leur voyage depuis l’Europe.
Comportements observés lors du départ et de la migration
Le départ des étourneaux n’est pas juste un simple vol vers le Sud. C’est un véritable spectacle organisé, avec des comportements de groupe très spécifiques et franchement impressionnants à observer.
La murmuration : un ballet aérien avant le grand voyage
Vous avez sûrement déjà vu ces nuages noirs mouvants. C’est le phénomène de la murmuration. Des milliers d’oiseaux volent de manière parfaitement synchronisée, créant des formes fluides qui changent seconde après seconde dans le ciel 🐦.
Ce comportement est typique de la période pré-migratoire, juste au moment où l’on se demande quand partent les étourneaux.
Les groupes peuvent compter des centaines de milliers d’individus. C’est un rassemblement massif impossible à ignorer.
Les raisons de ces rassemblements spectaculaires
Ce n’est pas juste pour faire joli. La murmuration a des fonctions de survie très précises. La nature ne dépense jamais autant d’énergie sans une raison valable derrière.
La raison principale reste la protection contre les prédateurs, comme les faucons pèlerins. L’effet de masse et les mouvements imprévisibles rendent la capture d’un individu isolé extrêmement difficile pour l’attaquant.
🐦 Cela permet aussi l’échange d’informations sur les zones de nourrissage et renforce la cohésion du groupe pour le voyage.
Les dortoirs nocturnes et les nuisances associées
Une fois la nuit tombée, ils rejoignent les dortoirs nocturnes. Ces immenses groupes se rassemblent dans des lieux précis, souvent des arbres en pleine ville ou des roselières pour profiter de la chaleur urbaine.
Cependant, il y a un revers à la médaille avec les nuisances. Les rassemblements massifs causent des problèmes, notamment à cause des fientes corrosives qui abîment les bâtiments et les voitures en stationnement.
Les fientes peuvent être un vrai casse-tête à identifier et à nettoyer, un peu comme savoir si l’on a affaire à une crotte de fouine ou autre chose dans son grenier.
D’ailleurs, dans certaines villes, les ravages qu’ils peuvent causer inquiètent, comme vous pouvez le constater dans la vidéo ci-dessous.
Des solutions d’effarouchement pour lutter contre les nuisances créées par les oiseaux sont parfois utilisées par certaines municipalités (émission de sons imitant les cris de prédateurs ou utilisation de lasers inoffensifs pour les effrayer).
🐦 L’étourneau sansonnet est une espèce chassable sur tout le territoire, durant les dates d’ouverture officielles de la chasse.
En parallèle, c’est aussi ce que l’on appelle une ESOD (Espèce susceptible d’occasionner des dégâts). A ce titre, il peut être piégé et tiré toute l’année, si le préfet de votre département a pris un arrêté en ce sens.
Conseils pour observer la migration des étourneaux
Après tout ça, vous avez peut-être envie d’assister vous-même à ce phénomène. C’est tout à fait possible, à condition de savoir où et quand regarder.
Où et quand regarder le ciel ?
Pour savoir quand partent les étourneaux vers leurs abris et ne pas rater le coche, visez le crépuscule. C’est précisément à ce moment de la journée que les étourneaux se rassemblent pour rejoindre leurs dortoirs. 🦅
Vous vous demandez sans doute où aller pour voir ça ? Inutile de chercher bien loin. Les types de lieux propices à l’observation sont les suivants :
- Les zones humides comme les marais ou les roselières.
- Les parcs et grands arbres en milieu urbain, qui servent souvent de dortoirs.
- Les champs fraîchement récoltés où ils peuvent se nourrir en journée. 🌾
Les bons réflexes pour une observation réussie
Pour profiter pleinement des détails de ce ballet, munissez-vous d’une bonne paire de jumelles pour mieux apprécier le spectacle.
Je vous suggère aussi de vérifier les sites ou forums d’ornithologie locaux pour connaître les sites de dortoirs actifs.
Armez-vous de patience car la nature n’a pas d’horaire fixe. Le spectacle n’est pas toujours ponctuel, il faut parfois attendre un peu.
Observer oui, déranger non
Je termine sur un point majeur : le respect de la faune sauvage. Rappelez-vous qu’il s’agit d’animaux sauvages et que le dérangement peut être stressant pour eux, surtout à une période aussi importante.
Gardez toujours une distance respectable, afin d’éviter les bruits forts ou les flashs. Le but est d’observer sans interférer.
Vous savez maintenant tout sur le départ des étourneaux vers le soleil ☀️. Ce voyage reste une stratégie de survie fascinante dictée par la nature.
Que vous les observiez dans votre jardin ou en pleine migration, gardez l’œil ouvert. Profitez de ce spectacle unique tout en respectant leur tranquillité avant le grand retour au printemps.
Sources
https://www.lpo.fr/decouvrir-la-nature/fiches-especes/fiches-especes/oiseaux/etourneau-sansonnet
https://theses.hal.science/tel-04719898v1/file/TH2023SOUGUIRMERIEM.pdf
https://piaf.stac.aviation-civile.gouv.fr/birds/15/map